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La technique : l’impensé du politique

 

29-30 avril 2009

 

Centre des humanités de l’INSA de Lyon

Amphi ouest

 

 

 

Session 1 : Eloge de la technique

Responsables de la session : Michel Faucheux, Jacques Michel

 

 

La technique connaît dans la civilisation occidentale d’un statut dévalué et paradoxal : elle est omniprésente dans notre quotidien et, depuis la révolution industrielle, non seulement transforme mais désormais aussi conçoit et produit le monde.

Elle souffre, en effet, d’une double dévalorisation. D’une part, sur le plan de la connaissance elle ne bénéficie pas du prestige de la science dont elle ne serait que l’exécutrice ou l’application, livrée à la prose du monde quand le savoir scientifique viserait, lui, la pureté et l’idéalité des principes de l’intelligence des choses. D’autre part, sur le plan des valeurs elle ne pourrait être que la servante de choix politiques qui la dépassent, un ensemble de moyens réquisitionnés et comme tels de rang inférieur aux fins poursuivies (l’ingénieur n’est-il pas, dans une tradition française, un grand « commis »de l’Etat ?).

Dans ce dispositif la technique est, à l’instar de l’armée, une grande muette qui n’aurait rien à dire, étant sans droit à parler à partir d’elle-même, en son nom propre. Que pourrait-elle ajouter à ce qu’ont déjà dit d’elle la science en son prestige et le politique en sa légitimité ? Pourquoi la technique devrait-elle être ce « hors sujet » qui devrait n’entendre de lui que ce qui est dit sur lui et du dehors de lui ? Quelles raisons sont tues par les discours conjugués de la science et du politique pour parler en lieu et place de la technique ?

Et, finalement, ce refoulement de la technique ne serait-il pas aussi celui de la science (à tout le moins celui d’une science de la technique qui aurait nom « technologie ») et de la politique elle-même ?

L’intention de ce colloque est, tout à l’inverse de cette compréhension, de laisser parler la technique, de libérer son langage de son actuel statut de réponse (recouvert par la formule : « question technique », souvent précédée de l’adjectif « simple », ce qui en dit… long !), de la retrouver dans son inventivité instruite de la question du politique et des questions sociales.

Peut-être s’agit-il moins dès lors de « penser la technique » que d’accueillir la « pensée technique » et d’en saisir le régime ? Tout dépend ici de ce qu’on appelle « penser » et qu’on nomme « pensée ». A tout le moins s’agit-il de célébrer un éloge de la technique en lui donnant la parole qui ouvre la voie à une techno-logie.