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CONTRATS DE
RECHERCHE EN COURS
STOICA est à
ce jour engagé dans plusieurs contrats de recherche
Les
clusters recherche de la région Rhône-Alpes
Depuis les débuts des
clusters en 2005, STOICA fait partie des équipes engagées dans
les clusters recherche. Et plus particulièrement dans deux
d'entre eux:
-
Cluster
GOSPI (Gestion et Organisation des Systèmes de
Production et de l'Innovation)
Membres engagés: Joëlle
Forest, Patrick Guillaud
-
Cluster ERSTU
(Enjeux et Représentations des Sciences, Techniques et
leurs Usages)
Projet 5 "Construction des interfaces" (dir. J. FOREST
et D. VINCK)
Membres engagés: Joëlle
Forest, Michel Faucheux, Marianne Chouteau, Céline Nguyen,
Anne-Françoise Schmid
Résumé des
trois projets STOICA relevant du cluster ERSTU
1) La technologie
comme science de l'interface (thème 1
: "La question
des interfaces entre science, technique et société")
Nous faisons l’hypothèse que la technique
est la mise en œuvre d’une rationalité particulière, la
raison ingénieuse, héritière de la mètis grecque ou de l’ingenium
défini par le philosophe italien Vico (Pons, Lemoigne). L’ingénieur ne serait-il pas
cet être ingénieux (Faucheux, Forest, 2006) qui, doué
d’intelligence rusée, mélange action et réflexion, dire et
faire, conception et production, langage et technique ?
Ainsi cette hypothèse renouvelle complètement la question et
la représentation des interfaces contribuant au
développement d’une épistémologie de l’invention et de la
rationalité techniques. En ce sens, questionner la
technique, c’est d’abord questionner la légitimité
intellectuelle qui a consisté à fonder le modèle des écoles
d’ingénieurs sur le paradigme des sciences d’analyse,
disciplinaires et morcelant la connaissance. Ce paradigme
semble avoir évacué hors du champ des connaissances
scientifiques les sciences de l’ingénieux ou sciences de
l’artificiel. Or, l’articulation de la technique à une
raison ingénieuse ne conduit elle pas à repenser la
cartographie des savoirs et à repenser le modèle de
formation des écoles d’ingénieurs ?
Les actions entreprises sont
les suivantes:
- un travail de recherche sur
la raison ingénieuse : collecte et traitement des données
bibliographiques, synthèse, organisation d'un
séminaire
sur ce sujet.
- un travail de nature plus
historique et communicationnel à partir d'une analyse du
discours (texte et images) de l'INSA de Lyon sur la question
de la technique depuis sa création.
2) Technologie
et récit: vers une nouvelle cartographie des savoirs
(thème 2
: "Construction des interfaces entre science et société")
Penser la technique oblige à
repenser la cartographie des savoirs, qu’il s’agisse
d’explorer celle-ci par le biais de sa dimension narrative ou
de mener un travail épistémologique sur la modélisation. Nous serons d’abord amenés à
poser les questions suivantes : quel est le rôle et la place
de l’analogie dans la conception technique et scientifique
contemporaines ? Comment le jeu de l’analogie se modifie-t-il
dans cette cartographie des savoirs et permet d’approcher la
relation SHS/SPI ? C’est d’autant plus important que la
modélisation conduit à une limitation de l’usage de
l’analogie, au moins à sa transformation. Parallèlement, le
travail sera accompagné d’un travail de « philo-fiction » pour
la compréhension des rapports entre les épistémologies des
théories et celles des modélisations, dont les articulations
complexes donneront les conditions, plutôt réelles que
langagières pour une cartographie des savoirs. Nous
analyserons la fonction de l’éthique technologique comme
pensée des frontières entre savoirs et ses effets en
philo-fiction. Certains liens entre l’épistémologie
contemporaine et éthique technologique seront ainsi posés. Cette opération s’accompagnera
d’un travail qui vise, par un autre biais, à esquisser une
cartographie nouvelle des savoirs en privilégiant une analyse
des objets techniques pensés comme objets de langage et plus
précisément de récit. La technique peut se lire comme telle à
travers des fictions, des mythes, des fables, des métaphores ;
elle est incontestablement productrice de langage. De ce fait,
une partie de cette analyse visera à affiner les travaux
anthropologiques qui ont montré le lien entre outil et langage
(Leroi-Gourhan, 1964). D’autre part, à la suite des travaux de
linguistique cognitive de Dennett (1991) et ceux de Turner
(1996), nous envisagerons le récit comme mode fondamental de
connaissance. Pour y parvenir, il s’agira d’analyser des
textes littéraires mettant en récit la technique.
Une journée d'étude intitulée "Mises en récit de la
technique" est organisée le 27 mars 2008 à l'INSA de Lyon.
3)
Quelle place pour les sciences de l'artificiel ? (Thème 2
: "Construction des interfaces entre science et société")
Ce constat n’est pas nouveau,
dès la fin des années soixante, H. Simon attirait notre
attention sur ce fait « alors que s’affirme le rôle décisif de
la conception dans toute activité professionnelle, il faut
observer que le XXe siècle a presque complètement éliminé les
sciences de l’artificiel des programmes formant des
professionnels (...), les écoles d’ingénieurs sont devenues
des écoles de physique et de mathématiques, les écoles de
gestion sont devenues des écoles de mathématiques. L’usage de
qualification du type appliqué dissimule le fait, mais ne le
change pas. Il ne signifie pas que la conception y soit
enseignée en tant que telle » (Simon, 1991). Il s’interrogeait
ainsi sur la capacité de nos écoles à former les
professionnels dont à besoin notre économie. Le point de vue d’H. Simon
n’est pas un point de vue isolé. Le National Research Council
dans son rapport Improving engineering design soulignait lui
aussi que « les programmes de cycle d’ingénieur dédiés aux
nouvelles théories et méthodologies de conception sont en
nombre vraiment insuffisants pour produire les diplômés
qualifiés dans le domaine dont ont besoin les entreprises
industrielle » (National Research Council, 1991), ce qui
l’amenait à conclure que les diplômés ne sont pas suffisamment
outillés pour utiliser leurs connaissances scientifiques,
mathématiques, ou analytiques, dans la conception de produits
ou de process [1]. La question qui se pose dès
lors est celle de savoir à quoi tient une telle situation ?
L’enjeu du débat proposé ici
est de comprendre de façon différente les relations entre les
philosophies et les sciences dont le stéréotype fait obstacle
à une refonte, très nécessaire, des relations entre
disciplines... et peut conduire aux éléments d’une nouvelle
« cartographie des savoirs », où les théories ne sont plus au
centre, mais occupent de nouvelles fonctions.
Le projet
ANR DOGMATIS (2007-2010)
Pour 2007-2010, STOICA est
engagé dans un projet ANR concernant les Poissons
Génétiquement Modifiés : Analyses multidisciplinaires des
impacts et élaboration de stratégies (porteur du projet: Muriel Mambrini -
Laboratoire de Génétique des poissons, UR 544 -
INRA).
Membres engagés : Anne-Françoise Schmid (responsable de l'équipe épistémologie
et éthique), Léo Coutellec
Résumé général du projet
L’objectif du projet DOGMATIS est une analyse
multidisciplinaire des impacts potentiels des poissons
génétiquement modifiés (PGM) au sens large, et en particulier
les conséquences d’une importation fortuite. Il regroupe
biologistes, socio-économistes, juristes et philosophes, qui
co-construiront les résultats suivants i) réalités techniques
et évolution de la production, ii) conditions de traçabilité,
iii) adaptations de la législation, iii) risques de présence
fortuite incluant la perception et v) épistémologie des
modèles et bioéthique.
Résumé de
la partie
"Epistémologie et éthique" (WP5)
Il y a une
séparation de fait entre les épistémologies des théories et
les épistémologies des modélisations, partiellement
surmontée dans les pays anglo-saxons, mais qui laisse encore
beaucoup de traces en France. Dans les débats OGM de ces
dernières années, sont intervenues des personnes qui en
restent à une image très classique et théorique de la
science. L’une des conséquences en a été souvent une
opposition rigide entre science et idéologie qui connote le
débat des OGM de façon non pertinente. Nous tenterons de
penser ce débat dans le cadre global d’une « réunification »
des épistémologies des théories et des modèles, plus adaptée
à comprendre les technologies contemporaines.
Il importe
pour ce faire de travailler les limites des concepts de
« naturel » et d’« artificiel ». Mais sur cette question, il
y a une difficulté de principe. On dispose d’études très
fouillées sur le sujet d’un point de vue historique (on peut
savoir ce que Montaigne ou Descartes pensaient sur la
question), mais il manque des études sur la façon dont on
pense implicitement cette différence actuellement. Il y a
tout un travail à faire sur les discours et les
représentations actuels sur la question des OGM. Dans un
premier temps, ce travail ne pourra être que partiel. Il
faudra sans doute passer par l’analyse indirecte
d’intermédiaires, par exemple les courants
d’« épistémologies naturalisées », où les concepts et les
processus cognitifs finissent par se confondre, et donc
l’artificiel au naturel. Ce travail prendra en compte la
question dans d’autres disciplines, par exemple dans les
nanotechnologies, où la frontière du naturel et de
l’artificiel se pose aussi. Il sera intégré dans l'ensemble
des sous-tâches proposées.
5.1. Intégrité biologique, épistémologie des
théories et des modèles
On peut
faire un OGM de façon « déterministe », on prend un gène et
on fait le pari qu’il va exprimer les caractères qui nous
intéressent dans un nouvel environnement. Mais pour
l’évaluation des risques, influençant ultérieurement
l’expertise nécessaire aux autorisations, une méthode
déterministe ne suffit probablement pas. Cette difficulté
épistémologique a sans doute compliqué les débats autour des
OGM. Elle se posera de façon encore plus violente avec les
animaux. Nous proposons de co-construire cette question
épistémologique importante avec les biologistes (WP1).
5.2. Représentation des chercheurs et du
public
À l’époque
des « théories », on estimait que science et éthique
co-existaient pacifiquement comme des savoirs parallèles.
Selon Poincaré, la science se dit à l’indicatif, l’éthique
au subjonctif. Ou bien Pasteur pouvait penser qu’on laissait
ses croyances et ses convictions au vestiaire, au même titre
que la canne et le chapeau. Or, c'est avec le développement
des modélisations et des technologies que ces relations
tendent à changer de nature. On voit donc un ensemble de
liens entre éthique et épistémologie. Nous tenterons de
produire un modèle, non pas pour conforter nos évidences,
mais pour augmenter les connaissances et de ne pas le
construire à partir du bon sens, qui suit nos opinions
convenues. L’analyse des représentations de chaque membre du
réseau de DOGMATIS et leurs confrontations lors des
symposiums permettra de déplacer les fronts d’opposition ou
certains malentendus.
5.3. Mise à plat des objectifs des PGMs
Nous
reformulerons les propositions éthiques élaborées auparavant
sur les OGM en les adaptant aux PGMs et en tenant compte
explicitement de l’idée que l’on cherche à chaque fois
quelque chose comme le « lieu géométrique » d’arguments dont
les origines disciplinaires sont très différentes. Le bilan
des actions 5.1 et 5.2. sera intégré dans cette analyse.
5.4. Construction d'une éthique technologique
Il y a un
problème éthique dans les questions technologiques lorsqu’un
développement dans une discipline ne permet plus de
comprendre ses relations aux autres disciplines. Notre
hypothèse est que l’éthique technologique est une « science
générique de l’interdisciplinarité ». C'est ce que nous
testerons dans le cadre du réseau. Cela suppose que, dans le
cas des PGM, l’éthique va devoir construire une
argumentation qui tienne compte d’éléments relevant de
disciplines différentes. Cette construction ne peut se faire
de façon générale, comme dominant ou survolant les autres
disciplines, mais « pas à pas », en fonction des
convergences et des divergences. Elle sera donc réalisée tout
au long du projet. Nous chercherons en tout point à éviter
ou expliciter les confusions (par exemple entre science et
évaluation – Testard), et veillerons à laisser la porte
ouverte à d’autres solutions, à d’autres alternatives, que
l’on ne cherche pas à « rabattre » un modèle sur un autre,
ou une science sur une autre. Nous nous proposons d'adopter
une stratégie où nous garderons une très grande prudence
épistémologique dans les questions éthiques et utiliserons
la démarche pour environner et solidifier l'ensemble des
recherches interdisciplinaires de DOGMATIS.
Un
colloque international sera organisé au début de l'été
2009 en collaboration avec l'équipe du Bonus Qualité
recherche "Nouvelles
méthodes en éthique technologique" (INSA de Lyon).
Bonus
Qualité Recherche La technologie comme science humaine
(2006-2008)
Membres engagés: Joëlle Forest, Michel Faucheux, Marianne Chouteau, Céline Nguyen
Résumé
Le cinquantenaire
de la création de l’INSA de Lyon nous invite à réfléchir
tout naturellement à la place de la technique en faisant de
celle-ci, non une représentation préalable mais une
question. Celle-ci pourrait être l’un des vecteurs
susceptibles de permettre à l’INSA de revenir sur son
programme de formation et de recherche et de l’inscrire dans
le devenir. Elle serait l’élément d’une technologie. La
technologie est définie comme discours sur la transformation
du monde pour y établir les activités humaines. De ce point
de vue, la technologie est un mode d’intelligibilité des
activités humaines : elle relève donc « une science
humaine ». L’approche
« technologique » nous permettra tout d’abord de questionner
l’activité technicienne et de nous demander si elle ne
relève pas d’un paradigme différent de la rationalité, une
rationalité transverse. Nous viserons en même temps
à interroger les pratiques de la technique, sa capacité de
transformation et de puissance, tout comme le jeu éthique
qui organise l’activité de l’ingénieur et à poser la
question de la limite.
Cette recherche en organisant
la technique comme question, en pensant la technologie
comme science humaine, nous permettra d'inscrire la question
de la technique dans le projet INSA, de faire de cette
question l'élément actif, dynamique, d'un projet de
formation et de recherche.
Bonus
Qualité Recherche Nouvelles méthodes en éthique
technologique (2006-2008)
Membres engagés:
Anne-Françoise Schmid, Cyrille Harpet, Léo Coutellec
STOICA participe à ce Bonus
Qualité Recherche pluridisciplinaire en collaboration avec le
département Biosciences de l'INSA de Lyon. il est
complémentaire au BQF (Bonus Qualité Formation) "Ethique" (Centre des Humanités /
Biosciences).
Résumé
Il s'agit de comprendre les
liens entre l’éthique qui accompagne les technologies
contemporaines avec la façon de penser les limites entre les
disciplines. Mais nous avons vu dans la formation à l’éthique la
nécessité de problématiser avec elle la thématique de
l’interdisciplinarité. Cette question, qui est peu traitée,
n’est pas arbitraire. La majorité des travaux traitent de
façon séparée l’éthique et la question de la pluri- ou de
l’interdisciplinarité. Nous pensons qu’il importe de mettre en
place une recherche qui mette en relation ces deux
thématiques. Les questions d’éthique se posent en effet
lorsque les disciplines ne peuvent plus répondre aux problèmes
suscités par le développement de l’une d’elles. On peut par
exemple travailler sur des cellules souches, mais le droit
n’est pas encore préparé à faire face aux problèmes juridiques
engagés par ce travail. Il faut donc engager une réflexion qui
remette en jeu les liens et les frontières entre disciplines
pour faire face à ce type de problème.
Ainsi les thèmes éthiques, que
l’on identifie sous les divers chapeaux rassemblés dans les
dictionnaires ou encyclopédie de bioéthique, permettent de
comprendre sous un nouvel angle, ce que, dans son projet,
STOICA appelle la « cartographie des savoirs ». À travers
l’éthique, il s’agit de retravailler les frontières et les
relations disciplinaires. Ce problème avait été déjà pressenti
dans le colloque international « Savoirs et éthiques de
l’ingénieur », organisé au Centre des Humanités en décembre
1992. Nous y avions considéré l’éthique technologique comme
une métaphore des méthodes des sciences de l’ingénieur, qui
prend lieu et place de ces dernières, dans une épistémologie
où elles sont absentes. L’ingénierie prend alors une place
centrale dans les sciences, par le biais de l’éthique, dans la
carte des sciences dessinée part les grands domaines et les
disciplines classiques.
Scientifiques et philosophes
travailleront ensemble par une approche de la complexité.
L’éthique qui se
manifeste presque toujours à l’occasion de thèmes (embryons, OGM, euthanasie, nanotechnologies, développement durable, etc…),
pourrait apparaître comme l’un des formes actuelles les plus
importantes de la pensée des frontières entre disciplines et
de leurs conjonctions sur des problèmes et des objectifs.
Intelligence territoriale sur la vallée de la chimie en
Rhône-Alpes (depuis octobre 2006)
Membre engagé: Cyrille Harpet
Résumé
Un bilan comptable des flux matières-énergies d'industries
majeures sur le territoire de la vallée de la chimie sert à
identifier des synergies entre industries pour un
développement durable. La cartographie des flux permet de
visualiser les opportunités et gains de gestion collective
des pollutions et émissions (carbone). Douze
industries majeures de la chimie sont associées pour un
bilan global de leurs flux matières-énergies liés à leurs
activités. Une cartographie de ces flux (eau,
déchets,polluants, matières premières, énergies) est en
cours de réalisation à partir des données quantitatives
collectées.
Deux logiciels de traitement des données de flux (matières,
énergies) conçus (logiciel OMMI et PRESTEO) par un partenaire
pour établir des cartographies des flux et les synergies
possibles entre entreprises. La visualisation des flux
constitue un support d'aide à la décision pour une
gouvernance entre entreprises du territoire de la vallée de
la chimie.
Les
prestations sont de l'ordre de l'optimisation des procédés
de dépollution et traitement des pollutions (eau, déchets,
émissions) par des synergies et échanges entre industries
locales (gestion collective, filières nouvelles, mutualisation des services)à l'échelle du territoire. Les
industries de la vallée de la chimie subissent des
restructurations et des pressions économiques dans un
contexte de mondialisation. Ces activités génèrent des
impacts environnementaux importants. L'écologie industrielle
renforce les capacités de réponses collectives sur le
territoire. La
création d'interfaces informatiques entre des logiciels : OMMI et PRESTEO, PRESTEO et MAP-INFO, Pour le traitement des
données de flux matières-énergies et leur intégration
cartographique automatique, une interface est à concevoir
entre ces quatre outils d'aide à la décision.
Toutes les activités industrielles sur un territoire
spécifique : le projet porte sur la vallée de la chimie
comme territoire à enjeux élevés (économiques, sociaux et
environnementaux), mais peut s'appliquer sur un bassin
d'activités "automobile", "aéronautique etc. C’est la
complémentarité des entreprises qui prime, en terme de
synergies possibles et de coopérations gagnant-gagnant sur
le plan socio-économique, logistique et environnemental.
Synthèse de l'étude rédigée par C. Harpet
Séminaire financé par
l’association « Natures, sciences, Sociétés » : « Les
disciplines face à la modélisation et à
l’interdisciplinarité » (2007-2008)
Direction : Nicole Mathieu,
Anne-Françoise Schmid avec Jean-Yves Béziau, Yves Guermond,
François Laruelle, Franck Varenne
Membres engagés :
Anne-Françoise Schmid, Léo Coutellec
Résumé
À la fin des années 1960, s’est dessinée une opposition tout
à fait explicite aux modèles (Althusser), dans la mesure du
moins où ceux-ci ne correspondaient pas à la définition que
peut en donner la logique mathématique (Badiou). Elle
faisait système avec une critique de l’interdisciplinarité.
Depuis ces années, beaucoup de types de modélisation ont été
faits et celle-ci n’est plus discutée en tant que telle.
Mais il y a une carence de réflexion entre la discussion
première et les réalisations actuelles.
Il importe donc de réélaborer ce pourquoi intellectuellement
nous nous engageons et/ou dans la modélisation et/ou dans
l’interdisciplinarité. La multiplicité des ingrédients de la
démarche scientifique, théorie, modèle, modélisation,
expérience, observation, simulation, mesure,
recherche-action, etc., oblige à repenser les fonctions
propres de la modélisation et à comprendre en quoi celle-ci
favorise la relation avec d’autres disciplines pour aborder
le réel et les objets complexes. Penser le rapport entre
modélisation et interdisciplinarité suppose l’élaboration
des principes de constitution d’une telle culture et de ses
liens avec les disciplines et les philosophies. La
modélisation pourrait alors être prise pour un objet
scientifique à part entière, et non pas seulement être mise
en usage de façon pragmatique et gestionnaire.
C’est à cet effort de pensée que voudrait contribuer ce
séminaire, où nous nous essayerons à réévaluer la situation
contemporaine dans les disciplines interrogées et dans leurs
interrelations.
Les questions posées sont les
suivantes:
- L’enjeu pour
la discipline : avec la modélisation, entre-t-on
nécessairement dans une façon interdisciplinaire de faire de
la recherche ? En ce sens, est-ce que la modélisation
favorise le dialogue entre les disciplines ?
-
Le travail de modélisation favorise-t-il un rapport moins
hiérarchique entre les disciplines, en permettant une
assimilation des problématiques ? Permet-il une
« fertilisation croisée » des approches disciplinaires ?
- La
modélisation est-elle un élément de la reconnaissance
scientifique d’une discipline ? Pourquoi ?
- Le rôle de
l’approche philosophique dans le domaine scientifique : une
démarche ontologique vous apparaît-elle essentielle pour
structurer la connaissance dans le champ de la discipline,
afin d’aboutir à des problématiques spécifiques (propres à
la discipline) ?
Séance 1 : le 12 mars 2007
« Géographies face à la
modélisation et à l’interdisciplinarité »
Témoins invités : Patrice
Langlois et Denise Pumain
9 H 30 – 17 H
Séance 2 : le 18 juin 2007
« Philosophies face à
la modélisation et l’interdisciplinarité »
Témoins invités : François
Laruelle, et exposé de Franck Varenne sur le livre de Alain
Badiou, Le Concept de Modèle
Séance 3 : le 8 octobre 2007
« Biologies face à la
modélisation et à l’interdisciplinarité »
Témoins invités : Jean-Claude
Mounolou, Philippe de Reffye
Séance 4 : le jeudi 20 mars
2008 :
« Anthropologies face à la
modélisation et à l’interdisciplinarité »
Séance 5 : le jeudi 19 juin
2008 :
« Linguistiques et sciences
cognitives…. »
Séance 6 : le jeudi 16 ou 23
octobre 2008 :
« Les mathématiques et la
physique …. »
Ces six journées donneront
lieu à un ouvrage, articulé par les entretiens avec les
grands témoins, complété par des discussions, synthétisé par
les membres du Petit Collège (Nicole Mathieu, Anne-Françoise
Schmid, Yves Guermond, François Laruelle, Jean-Yves Béziau,
Franck Varenne, et Léo Coutellec pour Secrétaire.
Quelques compte rendus de
séances seront publiés ( dans « Forum », dans « Vie
scientifique ») dans la revue scientifique
interdisciplinaire Natures, Sciences, Sociétés (EDP
Science).
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