
"Une
excellente définition du savant par M. Hector Talvart : Un savant est un
homme qui sait beaucoup de choses qu'il faudrait connaître mieux que lui pour
savoir s'il n'est pas un âne".
Paul
Léautaud

Bienvenue !
Bienvenue
sur le Site d’Éthique et d’Épistémologie de l’INSA de Lyon. Ce site est
ouvert à tous (enseignants et étudiants). Il rassemble l’ensemble des
informations concernant l’actualité de la philosophie, de l’épistémologie
et de l’éthique au sein de cette école. Il entend ouvrir des questionnements
sur les méthodes et les démarches de la science et de l’ingénierie et sur
les relations entre science, société et éthique.

Pourquoi
ce site ?
La neutralité axiologique n’est pas de ce
monde : les catastrophes écologiques, les réunions de l’Organisation
Mondiale du Commerce, les polémiques sur le clonage et diverses situations inédites
dans les domaines techniques, politiques ou économiques sont là pour le
rappeler. Pour trouver sa place dans la société et pour être acteur de son
propre développement, tout homme doit nécessairement se positionner par
rapport à certaines normes, codes et valeurs. Il en va de même de la vie
professionnelle : la multiplication des chartes éthiques, des codes de déontologie,
l’apparition de nouvelles disciplines comme l’éthique des affaires
prouvent, si besoin est, que la demande de sens dépasse la simple sphère
individuelle. De plus en plus, les milieux économiques et industriels sont
sensibles à la résonance forte que trouvent des expressions comme ‘développement
durable’, ‘progrès partagé’ ou ‘économie inclusive’.
Dans son récent rapport sur L’enseignement
de la philosophie des sciences en France, Dominique Lecourt plaidait
en faveur de l’introduction de cours en épistémologie et histoire des
sciences dans les cursus scientifiques. Son rapport insistait sur la nécessité
de « remettre en pleine lumière la grande oubliée du scientisme et de
l’anti-science : la pensée scientifique ». Il enjoignait également
les communautés ‘littéraires’ et ‘scientifiques’ à redécouvrir les
liens profonds qui unissent la pensée scientifique avec les autres formes de
pensée (technique, artistique, politique, éthique…).
La recommandation essentielle de ce rapport
tient en peu de mots : lutter contre l’oubli des réalités de la pensée
scientifique. Face à la multitude de discours idéologiques sur la science,
il importe d’opérer une distance critique et d’amener les étudiants à
s’interroger sur leur légitimité : peut-on accepter la vision mythique
de la science véhiculée par les journalistes et les spécialistes de
vulgarisation scientifique ? Peut-on accepter le discours de certains
philosophes positivistes persuadés de la supériorité absolue de la science et
désireux de couper l’herbe sous le pied de la philosophie traditionnelle ?
Peut-on accepter la vision naïve de certains scientifiques concernant la
neutralité et la pureté de la science ? Peut-on accepter le discours de
certains spécialistes des sciences sociales et humaines visant à entretenir
l’illusion d’une séparation radicale entre la science et la philosophie ?
Peut-on accepter, enfin, le discours phobique de certains penseurs qui, déconnectés
des réalités scientifiques, stigmatisent la toute-puissance scientifique et
les débordements technoscientifiques ?
Bien évidemment non. Et il n’est pas non
plus pensable de former de futurs ingénieurs sans les amener à s’interroger
sur l’histoire, la gestion et les enjeux de la science. Au-delà des débats
parfois houleux entre sociologues et historiens des sciences, au-delà des
partisans d’une épistémologie centrée sur la ‘logique de la découverte
scientifique’ et les partisans d’une épistémologie ouverte sur les
questionnements éthiques, il est essentiel de proposer une conception ouverte
de la philosophie des sciences ; celle-ci doit nécessairement englober
l’histoire et la philosophie des sciences, l’épistémologie et l’éthique
ainsi que l’ensemble des sciences humaines qui, à des degrés divers,
participent à la fabrication de la science (sociologie, psychologie, économie,
etc.).
De par sa participation active au développement
technique, scientifique et économique, l’ingénieur ne peut se contenter d'être
spectateur un simple spectateur. Il doit avoir pleinement conscience de son rôle
dans la société et de ses responsabilités ; il doit aujourd’hui se
situer dans une logique d’acteur
responsable, c’est-à-dire dans une logique qui intègre des principes
d’action chargés d’une connotation éthique : principe de précaution,
principe de prudence, principe de responsabilité, etc. Or ces concepts sont
intimement liés à la philosophie et à l’histoire des sciences. Ils ne
peuvent être pleinement pensés et intégrés que dans le cadre
d’enseignements combinant philosophie, épistémologie, histoire des sciences
et éthique.
À un moment où il est de plus en plus
question d’ingénieur-innovant et d’ingénieur-citoyen, il importe de réfléchir
sur la place que peut et que doit
avoir la réflexion philosophique dans la formation des praticiens de demain.
Les enjeux sont doubles : d’une part, faire en sorte que l’innovation
ne se fasse au détriment de la citoyenneté ; d’autre part, promouvoir
une conception de la citoyenneté qui ne soit pas obéissance aveugle à un
conformisme borné mais qui soit au contraire créativité et appropriation
critique (raisonnée et raisonnable) de codes et de normes.
Laurent Rollet

Avertissement
!
Certaines
parties de ce site sont encore en construction. À terme, il sera possible de consulter des descriptifs des différents
enseignements proposés en éthique et en épistémologie à l’INSA, des
bibliographies, des textes de références, des outils pédagogiques ou des
informations sur les grands événements de la vie philosophique et culturelle
de l’institution.
Toutes
les suggestions concernant la forme et le contenu sont les bienvenues.
Bonne
navigation.
A.
F. Schmid, A. Giré, L. Rollet

Date de la dernière mise à jour de cette page
jeudi 21 décembre 2000