Ethique et Epistémologie à l'INSA

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Bienvenue !

Bienvenue sur le Site d’Éthique et d’Épistémologie de l’INSA de Lyon. Ce site est ouvert à tous (enseignants et étudiants). Il rassemble l’ensemble des informations concernant l’actualité de la philosophie, de l’épistémologie et de l’éthique au sein de cette école. Il entend ouvrir des questionnements sur les méthodes et les démarches de la science et de l’ingénierie et sur les relations entre science, société et éthique.

Pourquoi ce site ?

La neutralité axiologique n’est pas de ce monde : les catastrophes écologiques, les réunions de l’Organisation Mondiale du Commerce, les polémiques sur le clonage et diverses situations inédites dans les domaines techniques, politiques ou économiques sont là pour le rappeler. Pour trouver sa place dans la société et pour être acteur de son propre développement, tout homme doit nécessairement se positionner par rapport à certaines normes, codes et valeurs. Il en va de même de la vie professionnelle : la multiplication des chartes éthiques, des codes de déontologie, l’apparition de nouvelles disciplines comme l’éthique des affaires prouvent, si besoin est, que la demande de sens dépasse la simple sphère individuelle. De plus en plus, les milieux économiques et industriels sont sensibles à la résonance forte que trouvent des expressions comme ‘développement durable’, ‘progrès partagé’ ou ‘économie inclusive’.

Dans son récent rapport sur L’enseignement de la philosophie des sciences en France, Dominique Lecourt plaidait en faveur de l’introduction de cours en épistémologie et histoire des sciences dans les cursus scientifiques. Son rapport insistait sur la nécessité de « remettre en pleine lumière la grande oubliée du scientisme et de l’anti-science : la pensée scientifique ». Il enjoignait également les communautés ‘littéraires’ et ‘scientifiques’ à redécouvrir les liens profonds qui unissent la pensée scientifique avec les autres formes de pensée (technique, artistique, politique, éthique…).

La recommandation essentielle de ce rapport tient en peu de mots : lutter contre l’oubli des réalités de la pensée scientifique. Face à la multitude de discours idéologiques sur la science, il importe d’opérer une distance critique et d’amener les étudiants à s’interroger sur leur légitimité : peut-on accepter la vision mythique de la science véhiculée par les journalistes et les spécialistes de vulgarisation scientifique ? Peut-on accepter le discours de certains philosophes positivistes persuadés de la supériorité absolue de la science et désireux de couper l’herbe sous le pied de la philosophie traditionnelle ? Peut-on accepter la vision naïve de certains scientifiques concernant la neutralité et la pureté de la science ? Peut-on accepter le discours de certains spécialistes des sciences sociales et humaines visant à entretenir l’illusion d’une séparation radicale entre la science et la philosophie ? Peut-on accepter, enfin, le discours phobique de certains penseurs qui, déconnectés des réalités scientifiques, stigmatisent la toute-puissance scientifique et les débordements technoscientifiques ?

Bien évidemment non. Et il n’est pas non plus pensable de former de futurs ingénieurs sans les amener à s’interroger sur l’histoire, la gestion et les enjeux de la science. Au-delà des débats parfois houleux entre sociologues et historiens des sciences, au-delà des partisans d’une épistémologie centrée sur la ‘logique de la découverte scientifique’ et les partisans d’une épistémologie ouverte sur les questionnements éthiques, il est essentiel de proposer une conception ouverte de la philosophie des sciences ; celle-ci doit nécessairement englober l’histoire et la philosophie des sciences, l’épistémologie et l’éthique ainsi que l’ensemble des sciences humaines qui, à des degrés divers, participent à la fabrication de la science (sociologie, psychologie, économie, etc.).

De par sa participation active au développement technique, scientifique et économique, l’ingénieur ne peut se contenter d'être spectateur un simple spectateur. Il doit avoir pleinement conscience de son rôle dans la société et de ses responsabilités ; il doit aujourd’hui se situer dans une logique d’acteur responsable, c’est-à-dire dans une logique qui intègre des principes d’action chargés d’une connotation éthique : principe de précaution, principe de prudence, principe de responsabilité, etc. Or ces concepts sont intimement liés à la philosophie et à l’histoire des sciences. Ils ne peuvent être pleinement pensés et intégrés que dans le cadre d’enseignements combinant philosophie, épistémologie, histoire des sciences et éthique.

À un moment où il est de plus en plus question d’ingénieur-innovant et d’ingénieur-citoyen, il importe de réfléchir sur la place que peut et que doit avoir la réflexion philosophique dans la formation des praticiens de demain. Les enjeux sont doubles : d’une part, faire en sorte que l’innovation ne se fasse au détriment de la citoyenneté ; d’autre part, promouvoir une conception de la citoyenneté qui ne soit pas obéissance aveugle à un conformisme borné mais qui soit au contraire créativité et appropriation critique (raisonnée et raisonnable) de codes et de normes.

Laurent Rollet

Avertissement !

Certaines parties de ce site sont encore en construction.  À terme, il sera possible de consulter des descriptifs des différents enseignements proposés en éthique et en épistémologie à l’INSA, des bibliographies, des textes de références, des outils pédagogiques ou des informations sur les grands événements de la vie philosophique et culturelle de l’institution.

Toutes les suggestions concernant la forme et le contenu sont les bienvenues.

Bonne navigation.

A. F. Schmid, A. Giré, L. Rollet

Date de la dernière mise à jour de cette page
jeudi 21 décembre 2000